L’Italie adopte sa loi sur la fin de vie

1 janvier 2018

L’Italie adopte sa loi sur la fin de vie

Le débat autour du projet de loi sur le bio-testament a finalement pris fin. Après des années d’opposition de la part des Catholiques, la Chambre des députés a fini par l’adopter. La loi en question donne le droit aux patients une sédation profonde et continue. Depuis le jeudi 14 décembre, elle a pris effet suite à son élection par le Sénat italien, à raison de 180 voix pour et 71 contre.

Polémique autour de la loi sur le bio-testament

À l’image de la loi Leonetti  en France, cette loi accorde aux patients leur autonomie ainsi que le pouvoir de décision de leurs proches dans des situations complexes. Par exemple, ils peuvent opter pour une euthanasie lente, accompagnée du refus de toute alimentation ou hydratation en fin de vie et interdit l’acharnement thérapeutique. Ce qui provoque le décès de l’individu hospitalisé.

FIN DE VIE TESTAMENT
Pour un patient mineur, il revient aux parents de décider sur son sort, mais son avis compte « de manière proportionnée à son âge et à sa maturité ». Si l’enfant est en conflit avec ses parents, il en ressort du tribunal des mineurs de décider. Sinon, pour un mineur qui n’est pas en mesure de donner son avis, le tuteur légal le fera à sa place. En cas de refus de soins jugés nécessaires par les professionnels de la santé, le juge de tutelle va trancher sur la question.

En fait, la signature d’un testament biologique doit se faire en présence d’un notaire ou confié au service d’état civil. En cas de désistement, le document peut être revisité ou révoqué.

Une voie vers le suicide assisté et l’euthanasie lente ?

FIN DE VIE
Si cette nouvelle loi crée autant de polémique, c’est parce qu’elle ouvre en quelque sorte une voie au suicide assisté, ce qui est pourtant considéré comme un délit dans la législation italienne. La loi sur la fin de vie incite également à l’euthanasie lente qui se présente comme un homicide volontaire. Les avis divergent de toute part : la Conférence des évêques italiens ainsi que certaines associations du pays désapprouvent l’adoption de la loi sur le testament biologique. Les défenseurs de la loi s’opposent pourtant à leur opinion.

Le médecin peut-il refuser le principe ?

medecin fin de vie

En dépit de ces directives anticipées du patient, le médecin concerné peut faire valoir son droit en invoquant l’objection de conscience. Dans ce contexte, l’établissement médical doit recourir à un médecin remplaçant non objecteur de conscience. Ce principe s’applique à toutes les structures médicales en Italie sans exception, qu’il s’agisse d’un hôpital privé, public ou religieux. Pour l’heure, aucun chiffre sur les médecins objecteurs de conscience n’a été communiqué. L’affaire est donc à suivre de très près.

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